Cameroun : l’armée tombe dans 3 embuscades dans la localité du Lebialem

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par Michel Biem Tong
Nous osons croire que Paul Biya qui a juré le 31 décembre 2019 lors de son message à la Nation qu’il va renforcer la sécurité dans le Southern Cameroons en vue des législatives et municipales de février 2020 prend la mesure de la situation à travers ce compte-rendu. | © Photo archives

Alors qu’entre le 28 et le 30 décembre 2019, des soldats camerounais ont été mis à rude épreuve à Lebialem par le groupe armé Red Dragons, les dernières nouvelles qui nous parviennent de ce département du sud-ouest anglophone ne sont pas du tout gaies pour l’armée camerounaise.

Si d’après une source militaire, on enregistre une vingtaine de morts et plusieurs blessés parmi les Red Dragons, d’autres plus concordantes avancent autre chose.

En effet, d’après les sources en question, des convois du tout puissant Bataillon d’intervention rapide (BIR), unité d’élite de l’armée camerounaise ainsi que des paracommandos du Bataillon des troupes aéroportées (BTAP) de Koutaba (ouest du Cameroun) ont été victime de 3 embuscades tendues par les Red Dragons ce 2 janvier 2020.

Le 31 décembre dernier, des contingents entiers de BIR et du BTAP armés jusqu’aux dents ont envahi par milliers les villages Alou, Azi, Menji, Mbinda, Esso-Ata, etc à la recherche des campements des Red Dragons. Pour cette bataille de vie ou de mort pour les troupes camerounaises, ces dernières ont pris leurs quartiers à Azi, Menji et Alou où elles ont créé leurs bases.

De sources locales, ce 2 janvier 2020, en lieu et place des Red Dragons, ce sont les populations qui ont été prises pour cible.

A Essoh Atah, des militaires ont procédé à l’arrestation des populations, à la destruction des cases villageoises. Sans doute frustrés de n’avoir pas retrouvé les camps des Red Dragons.

Alors que le contingent du BIR qui ratissait le village Esoh Atah retournait à son campement d’Azi, il a été victime d’une embuscade et attaqué.

Résultat, de nombreuses pertes et un nombre important de blessés, apprend-on d’une source militaire non officielle. Nous n’avancerons pas le chiffre qui est effrayant.

Notre source poursuit qu’après avoir attendu un renfort d’Azi et de Menji, du fait des routes impraticables, le renfort n’a pas pu atteindre Esoh Atah.

Selon notre source, le contingent chargé du renfort parti de Menji a été piégé par les Red Dragons et attaqué, avec à la clé de nombreux morts et blessés.

Un autre contingent qui transportait les corps des soldats ainsi que les blessés en route pour Dschang (sans doute !) a subi une autre embuscade des Red Dragons au village Njenche avec des dommages encore plus important sur ce contingent-là, souligne notre informateur.

Le déploiement en dernier recours des troupes du BTAP n’a visiblement donné aucun résultat. Pour l’instant, le service de la communication du ministère camerounais de la Défense reste muet sur le bilan officiel de cette autre bataille.

Seuls les agents du régime de Yaoundé sur les réseaux sociaux se risquent à des bilans fantasmagoriques sans préciser quand et où précisément à Lebialem le score a été enregistré.

Nous osons croire que Paul Biya qui a juré le 31 décembre 2019 lors de son message à la Nation qu’il va renforcer la sécurité dans le Southern Cameroons en vue des législatives et municipales de février 2020 prend la mesure de la situation à travers ce compte-rendu.

Pendant que son épouse Chantal Biya grillait des dizaines de millions de FCFA pour le cachet de l’artiste nigérian Wizkid venu prester à la résidence présidentielle d’Etoudi, pendant que les colonels et généraux sablaient le champagne des fêtes de fin d’année, de jeunes soldats se faisaient carboniser au « Fontem Asonganyi » (arme redoutable) des Red Dragons à Lebialem.

Quoi qu’il en soit, bonne chance aux soldats qui s’y trouvent encore car la bataille se poursuit.

Par Michel Biem Tong, journaliste web en exil