Cameroun : Place de la république, c'était magique

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par Célestin Biake
Célestin Biake Difana : « Il ne nous reste plus honnêtement qu'à rester à domicile car l'élection à venir est une chimère et une farce de fort mauvais goût. Il y a mieux à faire que de vouloir donner une onction à une dictature mourante. » | © Photo AI

Comment peut-on s'empêcher en ces moments de dispute de la légitimité nationale, de faire un parallèle entre ce qui s'est passé à la place si bien nommée de la République et l'agitation pathétique de survie ici au pays, de quelques politicards locaux en mal d'affirmation de leur piètre existence?

S'il est une fierté dont un pays peut s'en enorgueillir, c'est bien celle de sa diaspora consciente, déterminée et conquérante, décidée une fois pour toute à mettre fin à un certain ordre des choses.

Choses au pluriel pour parler des "mal gouvernance"chroniques, des sujetions à l'ordre post-colonial, de l'impossibilité d'avancer pour le développement bref, de toutes ces incongruités qui rivent l'Afrique comme par fatalité à la médiocrité et en fait l'objet mondial de risée.

Les aveugles habituels des faits poignants de la société, de ses mutations et les adeptes congénitaux de la mauvaise foi diront qu'ils n'ont rien vu, qu'il ne s'est rien passé de décisif à l'extérieur et que mille milliards de mille sabords, cette escapade fugitive d'un opposant irresponsable qui prône le boycott des élections de proximité n'est que le baroud d'honneur ou plutôt le chant de cygne d'un désespéré.

Eh oui, cela va arranger bien de crédules et donner du grain à moudre à l'escogriffe bavard de Momo Jean de Dieu pour dire qu'après tout, ce n'était qu'un inutile tour de piste pour faire illusion.

Les choses pour tout dire ne se passant uniquement qu'au terroir, la terre de nos ancêtres. Piètre consolation il faut vite le signaler qu'on balancera aux citoyens qu'on prend encore et toujours pour des dadais.

En vérité, la symbolique de ce qui s'est passé à Paris est dans sa tonitruance et son caractère inédit. Au prétexte de remercier la diaspora, s'est joué une dynamique de conscientisation des uns et des autres sur nos véritables problèmes et notre unité mis à mal par le tribalisme institutionnalisé, sa perpétuation, ses ravages sur l'ascenseur social et la construction de notre cohésion.

L'enjeu de l'heure et c'est malheureux que de nombreux soi-disants opposants ne l'aient pas compris, n'est point d'accompagner Paul Biya dans sa déstructuration avérée du Cameroun ou de lui donner les prétextes et oripeaux d'une normalité de construction de la démocratie.

Cet enjeu réel est dans le déni péremptoire de ses semblants de bonnes volontés. L'homme a eu 38 ans de pouvoir pour s'affirmer et se faire respecter ou aimer, c'est selon.

Le constat fort malheureusement est froid et dégoûtant: il a échoué sur toute la ligne et dans les grandes longueurs. Loser il l'est et le reste.

Sa gouvernance est un flot tumultueux de dictature en désespérance. Versatile pour un rien quant à l'exercice des libertés publiques, cette gouvernance fait de la terreur, son cheval de bataille.

Et dire qu'il se trouve des illuminés pour croire qu'ils infléchiront à force d'arguments puérils on ne sait trop comment, la tendance et la perversion.

Le Cameroun de l'intelligence et du refus de la vassalité s'est exprimé sur la place de la République. Comme il avait fier et belle allure! Il a envoyé un message d'espoir très fort autant au pays qu'à ceux qui doivent re-définir leur politique de coopération. C' est une grande avancée qui pour sûr, fera tâche d'huile.

Tanpis aux villageois qui veulent enfermer ce pays dans l'obscurantisme. L'avenir nous appartient si nous y croyons et le développement indubitablement suivra.

Merci à vous braves fils du pays d'avoir subjugué 25 millions de prisonniers inconscients, pris en otage par un Renouveau agonisant et délirant.

Il ne nous reste plus honnêtement qu'à rester à domicile car l'élection à venir est une chimère et une farce de fort mauvais goût. Il y a mieux à faire que de vouloir donner une onction à une dictature mourante.

Célestin Biake Difana