Cameroun : Le Problème c’est l’absence de justice légale au Cameroun

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par Kand Owalski
Kand Owalski : « En 38 ans de règne Biya s’est attelé à déshumaniser la société camerounaise et à ramener les camerounais à leur État de nature. » | © Photo archives

Pour tous ses appels à la haine, au massacre des anglophones, Ernest Obama aurait dû se retrouver en prison il y’a fort longtemps. V4 quant à elle n’existerait plus.

Or on vit dans au Cameroun dans une société où les suppôts de la dictature de Biya ont la latitude de faire ce qu’il leur plait de faire, pourvu qu’à la fin ils demeurent des soutiens ardus du tyran. Et c’est pourquoi la chaîne de télévision de Amougou Belinga peut bafouer sans gêne les décisions du conseil de la communication à la suspendre pour un Mois;

c’est pourquoi Obama peut faire de même en allant jusqu’à insulter le CNC; c’est pourquoi Parfait Ayissi peut sexuellement abuser d’une jeune fille de 16 ans et se retrouver tranquillement sur son plateau télé le lendemain sans gêne.

Et là je ne parle que de la chaîne de télévision aux relents de la radio milles collines. On pourrait citer davantage de cas ou de situations à travers lesquels le petit peuple découvre impuissamment qu’il vit à la merci des intouchables que le régime Biya a fabriqués par une impunité à géométrie variable. Il suffit en effet de soutenir la bêtise humaine du grabataire et tout vous est permis. Ainsi on peut :

— À Sangmelima casser des boutiques des allogènes sous escorte policière; à Obala, organiser la chasse aux allogènes sous le regard approbateur de la garde présidentielle,

—tirer sur des manifestants pacifiques et recevoir des félicitations spéciales des journalistes et de commentateurs politiques sur une certaine télévision,

— détourner des milliers de milliards du contribuable et recevoir en guise de récompense une gradation, un nouvel échelon dans ses fonctions,

— on peut appeler au meurtre de Maurice KAMTO, promettre de l’assassiner et se retrouver ensuite pris d’amour dans les bras du ministre délégué de la justice, qui lui-même a été nommé pour menacer ses frères bamileke d’un génocide à la hauteur de la Shoah,

— on peut violer des étudiantes, tuer des bébés sans se voir inquiéter,

— torturer des innocents jusqu’aux frontières d’avec la mort et recevoir une prime de son chef. Je peux m’arrêter là et dire etcétéra, pourvu que l’on soit toujours disponible quand il faut mater tous ceux qui s’approchent du pouvoir de Biya, toujours disponible pour mener les fraudes qu’il faut pour le maintenir à ce pouvoir, toujours disponible pour défendre un bilan absent.

Mais, qui donc rend justice à ceux qui se font ainsi abuser ? Qui? Qui rend justice à Vanessa Tchatchou? À Bonita? Qui rend justice à ces bébés de 4 à 06 mois froidement assassinés par les soutiens de Biya.

Lorsqu’on met aux arrêts un homme au motif d’un enregistrement fait par amour pour la transparence, et dans lequel il expose la relation incestueuse entre ELECAM et le RDPC qui lui rend justice ? Qui rend justice à ces deux garçons actuellement emprisonnés pour avoir filmé les résultats des élections passées dans un bureau de vote?

Qui rend justice à Me Souop dont les motifs de disparition demeurent flous dans la tête des Camerounais; voici au passage 3 semaines que l’ordre des médecins s’était donné une semaine pour éclairer ce décès subit. Mais quand le Président de cette organisation est aussi l’ami intime de Grégoire Owona, l’élément perturbateur, à quoi faut-il s’attendre ?

Qui rend justice à Monseigneur Bala? À tous les Monseigneurs, les Abbés, les frères, les Sœurs et les révérends assassinés par des hommes de mains de Biya?

Qui rend justice à ceux qui fuyant l’injustice, se sont réfugiés dans l’enceinte d’une cathédrale et ont été ensuite livrés à leurs bourreaux par l’Archevêque Mbarga lui-même?

Qui rend justice à Bello qui ne marchera plus jamais ? Qui rend justice aux sinistrés d’Eseka? Qui rend justice à Wilfried Siewe qui séjourne depuis bientôt un an en prison pour avoir commis le crime de posséder le livre de l’adversaire politique de Paul Biya dans ses affaires? Là aussi je suis obligé de dire etcétéra.

Lorsque la justice légale, institutionnelle, devient elle-même un instrument de frustration, de punition des adversaires politiques et de servitude du petit peuple impuissant, qui rend justice à toutes ces victimes ?

Je veux que des gens qui du fait de leur amitié avec le système Biya bien que dans l’opposition, que ces gens-là qui s’érigent en donneurs de leçons pour plaire à leurs amis bourreaux me donnent des réponses à ces questions.

Souvent, l’impuissance de ce peuple opprimé l’a obligé à souhaiter la mort à ses bourreaux, à rire lorsque l’un d’entre eux tombe. La grande faucheuse est pour lui ce qu’aurait dû être le pouvoir judiciaire de son pays.

Et quand il peut, le petit peuple impuissant se rend soi-même justice avec des pierres ou de la farine, du feu, des roues, de l’essence. Plus la justice légale s’absente plus il y’aura de recours à la justice populaire...parce que l’homme qui n’est pas vengé de la façon la plus légale qui soit finit par se venger soi-même de la façon la plus illégale qui soit, souvent, la plus immorale aussi.

Mais quelle immoralité peut-on réellement reprocher à un homme dont on a tué le bébé et violé la jeune adolescente au nom du maintien de l’ordre ? Non, c’est un peu trop inextricable. Quelle immoralité peut-on reprocher à homme victime d’immoralité?

En 38 ans de règne Biya s’est attelé à déshumaniser la société camerounaise et à ramener les camerounais à leur État de nature. Maurice KAMTO a un verbe fort pour le qualifier: détricoter.

Comment comprendre que le dictateur ait pu à ce point détricoter le Cameroun et les Camerounais ? La réponse est peut-être dans le livre inferno.

Après ce régime il y aura beaucoup de vengeance et de règlement de compte. L’institution judiciaire Camerounaise devra abattre un travail historique pour réduire ces frustrations, cette colère ambiante qui mue chaque jour en rage.

Pour çà il faut d’abord instituer un État de droit au Cameroun. C’est ce pourquoi Maurice KAMTO se bat.

Kand Owalski