Mémorandum : « Sortons du franc CFA ! vive le Toumaï »

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par NGOUO WOUNGLY-MASSAGA
NGOUO WOUNGLY-MASSAGA : « Au Cameroun, je porte plainte contre le Président de la République Paul BIYA pour violation de la Constitution notamment de son Article 66 pendant vingt ans » ǀ © Photo archives

Mesdames et Messieurs les Journalistes, en m’adressant à vous à l’occasion de la sortie de notre mémorandum « Sortons du Franc CFA ! Vive le Toumaï » je voudrais m’adresser non seulement au Peuple Camerounais, mais aussi à travers lui, à tous les peuples africains encore soumis à cette monnaie esclavagiste.

Ce qui caractérise notre grande « Démocratie avancée » au Cameroun, c’est que le Chef de l’Etat peut y violer la Constitution pendant vingt ans, notamment en son article N°66 relatif à la déclaration de ses biens et de ceux d’autres mandataires gestionnaires des biens publics, sans aucune protestation significative.

Nous saluons le caricaturiste « Méphisto » et le journal « Mutations » qui dans le numéro du 12 Octobre ont osé relever le scandale national.

La position du régime à propos du Franc CFA serait que cette monnaie appartient à un ensemble d’Etats, et donc que c’est à cet ensemble d’Etats qu’il appartient de décider s’il faut en sortir ou pas. Double mensonge et hypocrisie.

Primo : le Franc CFA est une « sous-monnaie » française, il reste bel et bien le « Franc des Colonies Françaises d’Afrique »parce que la CEMAC et l’UMOA n’ont jamais créé de monnaie.

Secundo : le fait que les pays de la CEMAC ou de l’UMOA utilisent la même monnaie n’empêche nullement qu’ils puissent avoir chacun son appréciation de cette monnaie (et c’est ce que l’on constate avec la Guinée Equatoriale et le Tchad aujourd’hui).

Tertio : Tout le monde peut constater que le gouvernement camerounais n’a jamais émis la moindre critique contre le Franc CFA, pas même contre « le compte des opérations » qui relève de l’esclavage monétaire, et qu’il n’a jamais demandé une réunion de la CEMAC pour examiner la question du Franc CFA. Il s’agit donc à propos du Franc CFA comme à propos de l’Article 66 de la Constitution d’ignorer le problème en comptant sur la passivité du peuple et la répression.

QUE FAIRE ?

Nous proposons d’agir, d’agir ensemble et d’agir partout sur cinq points :

1° / Diffusion intense de la brochure argumentaire qui informe largement de la nocivité du Franc CFA et donne toutes les raisons d’en sortir le plus vite possible, en balayant les faux arguments du genre « les conditions ne sont pas remplies »….

2°/ Interpellation de tous nos Parlements : qu’ils se prononcent pour ou contre mais qu’ils se prononcent. Et s’ils sont clairement interpellés, le fait qu’ils gardent le silence sera significatif.

3°/ Interpellation de tous au civisme; Au Cameroun, nous proposons la « Pétition Nationale » ainsi formulée :

Considérant que la violation de la Constitution est un crime contre la Nation,

Considérant que Défendre la Constitution est par contre un Devoir et un Droit,

Et que quiconque s’oppose à ce droit et à ce devoir se met ipso facto hors la loi

Et sera jugé par les tribunaux d’un Cameroun Nouveau, qui ne sera plus une caricature d’Etat de droit,

Nous, citoyennes et citoyens Camerounais majeurs,

Profondément indignés par le fait que M. Paul Biya, Président de la République du Cameroun viole délibérément la constitution depuis vingt ans

Notamment son Article 66 relatif à la déclaration de ses biens Et de ceux d’autres mandataires gestionnaires des biens publics,

Demandons par la présente pétition Nationale au Président BIYA

DE METTRE FIN A LA LONGUE FORFAITURE ET L’EXHORTONS A S’AMENDER EN SE PRONONCANT POUR LA SORTIE DU CAMEROUN DU FRANC CFA ET POUR LA CREATION IMMEDIATE DES ETATS UNIS D’AFRIQUE CENTRALE COMPRENANT LE CAMEROUN, LE TCHAD, LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE ET LA GUINEE EQUATORIALE.

4° Au Cameroun, je porte plainte contre le Président de la République Paul BIYA pour violation de la Constitution notamment de son Article 66 pendant vingt ans. Je vais confier cette plainte à un collectif d’avocats patriotes volontaires (pouvant me joindre au 678 87 71 26) pour la faire aboutir à une condamnation de l’accusé dont résulterait une procédure de destitution (empeachment).

Conformément à ce que nous avions proposé dans notre lettre ouverte au MINDEF, si le Président Biya se prononce en faveur de la monnaie africaine et des Etats Unis d’Afrique Centrale, le Traité doublement amnistiant pour les Chefs d’Etat vis-à-vis de leurs peuples et pour les opposants vis-à-vis de leurs Chefs d’Etat, annulerait notre action en justice.

 5°/ Enfin, Le mémorandum sur le Franc CFA que nous publions ce jour, permet d’indexer le Franc CFA comme une séquelle de l’esclavage et de la colonisation. Cette monnaie pourrait et devrait donc être purement et simplement abolie par l’Assemblée Nationale Française. Encore faudrait-il que les dirigeants actuels de la France aient le minimum de lucidité des gaullistes qui , quand l’Indépendance parut inéluctable, obligèrent les Présidents africains conservateurs qui ne voulaient pas de l’Indépendance à la prendre quand même…En suivant, avec de fausses « négociations » les dirigeants Africains qui ne veulent pas de l’Indépendance monétaire, les socialistes français actuellement aux affaires feraient un très mauvais choix pour la France, en nous obligeant à porter cette question à l’ONU et au tribunal pénal International.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

La Liste des membres du Collectif « Sortir du Franc CFA » reste ouverte ; mais la mise en application des mesures ci-dessus ne saurait attendre. La réflexion sur la création des Etats-Unis d’Afrique Centrale doit passer aux préparatifs concrets et à l’action.

Par NGOUO WOUNGLY-MASSAGA, CDT KISSAMBA (VETERAN DE L’UPC ET DE L’ALNK, DOYEN PANAFRICANISTE)

Douala, le 18 Novembre 2015.