L’ANCE-Togo part en guerre contre la corruption

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par David Ricardo
L’enthousiasme des participants a prouvé l’importance accordée à la lutte contre la corruption en général et aux thématiques abordées en particulier ǀ © Photo corpsdiplomatictogo.com (archives)

L’Alliance Nationale des Consommateurs et de l’Environnement (ANCE-Togo) a organisé le 27 Mars 2015 au CASEF à Lomé un atelier de renforcement des capacités des acteurs de la société civile sur la convention des nations unies contre la corruption avec l’appui technique de Transparency International.

Cet atelier a connu la participation d’une cinquantaine d’acteurs provenant des Organisations Non Gouvernementales (ONG), des Syndicats professionnels de travailleurs et des journalistes des médias publics et privés. Il est à souligner que cet atelier visait  à équiper les participants des compétences techniques nécessaires puis informer et sensibiliser les acteurs de la société civile sur les dispositions de la Convention des Nations Unies contre la corruption.

La cérémonie d’ouverture de cet atelier a connu cinq (05) interventions. La première intervention était celle du Dr EBEH Fabrice, Directeur Exécutif de ANCE-Togo. Dans son intervention, il a souhaité la bienvenue à tous les participants et a salué la présence du Chef de Délégation de l’Union Européenne, de la Chef de mission de l’Ambassade des USA au Togo, de l’Attaché Politique de l’Ambassade de France, du Directeur Anti-corruption de l’Office Togolais des Recettes (OTR) et du Représentant pour l’Afrique de l’Ouest de Transparency International. Il a d’abord remercié toutes ces personnalités pour l’intérêt qu’ils accordent à ce sujet avant de souligner la place de la convention des Nations Unies contre la corruption et le rôle de la société civile dans la lutte contre ce grand fléau qui ruine notre société. La deuxième intervention fut celle du Directeur pour l’Afrique de l’ouest de Transparency International, Samuel KANINDA. Dans son discours, il a tout d’abord remercié ANCE-Togo pour l’organisation de cet atelier qui permettra selon lui de mettre en œuvre les termes de la convention. Selon lui, il y a des progrès, mais il reste des efforts à faire tant au niveau des dirigeants que des populations. Et tout ceci doit se faire à travers à un partenariat constructif des populations ; et la formation et information continue des acteurs.

Ensuite a suivi l’allocution de l’Ambassade des Etats-Unis au Togo représenté par Mme Dana BANKS. Dans son allocution, elle a souhaité la bienvenue aux différents participants et a salué les efforts de l’ONG ANCE-Togo dans la lutte contre la corruption sur notre territoire. Elle n’a pas manqué de souligner l’importance du rôle de la société civile dans la lutte et la sensibilisation contre la corruption et la responsabilité du gouvernement. La lutte contre la corruption et l’assistance aux pays pour lutter contre ce fléau, selon elle, est une haute priorité du gouvernement américain. En effet, l’un des objectifs majeurs de l’ambassade des USA au Togo est de réduire la corruption à travers la promotion de la bonne gouvernance, la transparence et l’édification d’institutions fortes.

La quatrième intervention était celle de l’Ambassadeur, chef de délégation de l’Union Européenne. Il a de son côté souhaité la bienvenue à la société civile, cible de l’atelier. Pour lui, la corruption n’est pas l’apanage de l’administration, et c’est là où la société civile a un rôle à jouer. La légitimité de la société civile est basée sur ses actions et capacités de mobiliser les gens. Le travail de l’Union Européenne en la matière est le dialogue avec le ministère de l’économie et des finances, le ministère de la justice et l’OTR dans le cadre de la transparence budgétaire puis l’appui aux organisations de la société civile.

La dernière intervention était celle Assinoh Mouhamed Nour-Dine, Directeur anti-corruption de l’Office Togolais des Recettes. Il a salué l’initiative de ANCE-Togo. Pour lui, la corruption est un fléau qui ralentit le développement économique d’un pays et engendre de nombreuses conséquences désastreuses sur le plan social, de la sécurité nationale et de la politique étrangère. Avant d’ouvrir les travaux de l’atelier, il a souligné les politiques et mesures prises par le Togo dans le sens de la lutte contre la corruption notamment la création de l’OTR qui met un accent particulier sur la lutte contre la corruption, la fraude et l’évasion fiscale.

La cérémonie d’ouverture a laissé place aux travaux proprement dits de l’atelier. Ces travaux ont été marqués par une série de six (06) interventions suivies de débats et de prise de recommandations.

La première communication a été faite par Samuel KANINDA, Directeur pour l’Afrique de l’ouest de Transparency International. Sa présentation fut consacrée au passage en revue des dispositions pertinentes du chapitre III de la convention. Dans sa communication, il a abordé les questions d’incrimination, détection et répression.

La deuxième communication a été présentée par Fabrice EBEH, Directeur Exécutif de l’ANCE-Togo relative à la coopération internationale. Il a, en effet, évoqué les questions d’extradition, d’entraide judiciaire et la coopération entre les services de détection et de répression.

La troisième communication était l’œuvre de Mensah AKOMEDI, Juriste à l’ANCE relative au passage en revue des dispositions des chapitres II et V de la convention. Dans son intervention, qui portait sur les mesures préventives et le recouvrement d’avoirs, il a fait cas des mesures de recouvrement des biens confisqués par un Etat partie à la convention au profit d’un autre Etat partie ou d’un propriétaire légitime antérieur requérant.

Dans une autre communication de Fabrice EBEH portant sur la convention et le secteur privé, il a évoqué les mesures préventives de la corruption, la criminalisation de la corruption, les intérêts de la convention pour le secteur privé comme mesures de prévention de la corruption dans le secteur privé.

Cette communication fût suivie de celle de Kokou ODJI, un autre juriste à l’ANCE relative aux dispositions de la convention relatives à l’implication de la société civile dans la mise en œuvre de la convention. Dans sa communication M. ODJI a d’abord relevé les articles de la convention relative à l’implication de la société civile avant d’énumérer les actions qu’elles peuvent mettre en place pour appuyer l’Etat dans cette lutte.

La dernière communication était relative aux rapports parallèles des Organisations de la Société Civile sur la convention présentée par Samuel KANINDA, Directeur pour l’Afrique de l’Ouest de Transparency International. Dans son intervention, il a évoqué les mécanismes d’examen de la convention, de son mode de fonctionnement, de ses phases, du rôle et des limites de la participation de la société civile puis du rapport d’évaluation de la société civile.

Des débats au menu de l’atelier

Toutes les présentations ont fait l’objet de débats entre les participants et communicateurs. L’enthousiasme des participants prouve l’importance accordée à la lutte contre la corruption en général et aux thématiques abordées en particulier. Les débats ont tourné essentiellement autour de la force de la convention, de son organe de suivi et des organes nationaux de prévention et de lutte contre la corruption notamment la Cour des comptes, la commission nationale de lutte contre la corruption et le sabotage économique (CNLCSE) et la cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Des résolutions et recommandations ont été prises

Tous les participants ont été amenés à donner leurs contributions et recommandations pour une meilleure synergie d’action entre les différents acteurs de la société civile togolaise. Ils ont ainsi suggéré : d’inviter les journalistes à créer des rubriques pour faire des articles sur la corruption (Télévisions, Radios, Journaux et presse en ligne) ; créer une plate-forme des OSC ou un observatoire de lutte contre la corruption ; renforcer la collaboration entre les journalistes, les syndicats et les ONGs pour lutter efficacement contre la corruption au Togo.

L’atelier a pris fin par les mots de remerciement du Dr EBEH Fabrice et de Samuel KANINDA. Ils ont invité tous les participants à ne pas baisser la garde face au fléau que constitue la corruption.

David Ricardo