Mali : Lutte contre la corruption, IBK signe-t-il forfait ?

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par maliactu
On a remarqué l’absence totale de toute mention ayant trait à la lutte contre la corruption dans le discours de fin d’année du président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK) ǀ © Photo PRM

Dans le traditionnel discours à la nation du président de la république à l’occasion du nouvel an, quasiment toutes les préoccupations des maliens ont été évoquées. Cependant, on a remarqué l’absence totale de toute mention ayant trait à la lutte contre la corruption. IBK a-t-il déposé les armes avant même la guerre qu’il avait promis de mener contre ce fléau ?

En 2016, nous acheminons-nous vers une année de laxisme général en matière de lutte contre la corruption au Mali ? Il est en tout cas permis de douter de l’engagement du président de la république. Celui-là même qui avait fait de la lutte contre l’impunité, l’une des promesses phares qui lui ont permis de mériter la confiance des maliens.

Dans son adresse à la nation à l’occasion du passage à l’année 2016, IBK a dressé le bilan annuel des actions menées sous sa conduite par l’Etat dans les domaines sécuritaire, économique, sociale et culturel. Le président a mis un accent particulier sur l’accord de paix intervenu en 2015 et rappelé sa volonté de respecter sa parole de créer 200.000 emplois pour la jeunesse. Sur le plan sécuritaire, il a noté la montée en puissance des forces armées maliennes de défense et de sécurité sous l’impulsion de la loi d’orientation et de programmation militaire.

Pendant les longues minutes empruntées à l’ORTM, IBK a eu l’occasion d’étaler tout son arsenal d’arguments pour tenter d’entretenir la confiance des maliens. Cependant, le « Kankeletigui » a manifestement choisi de ne point toucher à tout ce qui concerne la corruption ou l’impunité, des fléaux pourtant tout aussi ravageurs que le terrorisme et qui ne cessent de prendre de l’ampleur.

Le président de la république, en maintenant ce silence inquiétant sur les actions et perspectives en matière de lutte la corruption, avoue d’une certaine manière son échec durant les plus de deux ans aux commandes du bateau Mali à produire des résultats tangibles. Son bilan en la matière est largement négatif. Ceci étant, le fait d’avoir complètement occulté d’évoquer le volet de la justice pourrait signifier quelque part que le président n’est plus aminé par la même volonté jadis affichée de porter un coup fatal aux pratiques néfastes au développement du Mali.

Apres avoir échoué à honorer son engagement de faire de 2014 une année charnière de lutte contre la corruption, ce silence peut sonner comme un scandaleux forfait qu’IBK semble avoir signé en cette entame de 2016 dans le combat contre l’impunité dans le pays. Il serait toutefois grandement préférable qu’il ne s’agisse que d’une simple manœuvre pour masquer son bilan désastreux des années passées.

A mi-mandat, il serait catastrophique que le président ne nourrisse plus d’ambitions visant à mettre fin à la kleptomanie financière dans les sphères étatiques. Un désengagement éventuel ne saurait nullement redorer son blason, d’autant plus que son honneur est entaché par l’implication présumée de plusieurs de ses proches dans des scandales financiers. En plus d’être un devoir, réussir sur le plan de la lutte contre l’impunité doit relever d’une question d’honneur pour IBK.

La corruption étant une gangrène qui sabotera tous les projets de développement, la hargne pour l’endiguer ne doit jamais faiblir. Cette seconde moitié de mandat est le moment ultime restant à IBK de traduire ses promesses en actes, gage indispensable pour espérer sur le suffrage massif des maliens en 2018.

A. H.

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