Mgr Samuel Kleda : « Si le Président Paul Biya aime ce pays, il devrait se retirer… »

par Edmond Kamguia
Mgr Samuel Kleda : « Dans le cadre d’un dialogue dont l’objectif est de trouver des solutions aux problèmes qui se posent dans notre pays à l’heure actuelle, toutes les questions doivent être abordées, y compris la forme de l’Etat. » |© Photo archives

Archevêque métropolitain de Douala de Douala, Mgr Samuel Kleda a accepté de répondre aux questions d’actualité nationale et internationale.

Il se prononce sur la crise anglophone qui est passée à une vitesse supérieure et dont il soutient l’idée d’un dialogue national ouvert et inclusif. Il parle de la justice qui a été saisie par l’Eglise catholique dans l‘affaire de l’assassinat de l’évêque de Bafia Mgr Jean-Marie Benoît Bala et donne son avis sur le débat sur la forme de l’Etat et sur la décentralisation. Mgr Samuel Kleda condamne les actes de violence du groupe terroriste Boko Haram, mais apprécie le retour des anciens combattants de Boko Haram.

Mgr Samuel Kleda est très préoccupé par le sort des enfants qui ne peuvent plus aller l’école dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Ainsi que par l’alternance politique en Afrique et notamment les conséquences de la longévité au pouvoir à la lumière de la chute du président zimbabwéen Robert Mugabe. L’archevêque de Douala dénonce l’invitation de certaines pontes du régime à Paul Biya de se présenter à l’élection présidentielle de 2018. Il aborde avec humanisme la question des migrants qui sont vendus aux enchères en Libye et donne son témoignage sur l'évêque auxiliaire émérite de Bafoussam Mgr Gabriel Simo qui vient de tirer sa révérence.

La Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc) avait annoncé que l’Eglise Catholique allait saisir la justice contre ceux qui ont tué ou commandité l’assassinat de l’évêque de Bafia Mgr Jean-Marie Benoît Bala. Où en est-on aujourd’hui avec cette plainte devant les tribunaux ?

Effectivement, la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc) a porté plainte contre X. La Cenc s’est donc constituée partie civile, et nous avons requis les services d’un collège de quatre avocats chargés de suivre cette affaire. Les enquêtes préliminaires suivent leur cours, et nous espérons qu’ils auront des informations susceptibles de nous permettre de connaître la vérité. C’est l’occasion pour moi de demander à toute personne détenant une information capable d’aider dans cette affaire, de collaborer avec nos avocats. Nous avons confiance en la justice de notre pays, et espérons que nos avocats travailleront en toute liberté pour leur permettre de bien faire leur travail. Notre souhait est que tous les éléments qui ont été saisis par la gendarmerie et la police lors des enquêtes soient présentés à nos avocats, afin qu’ils fassent eux-mêmes leurs recoupements. Parmi ces éléments, il y a les téléphones de Mgr Jean Marie Benoît Bala, car nous savons qu’il est sorti de l’évêché après avoir reçu l’appel d’une personne. Si nous avons tous ces éléments, cela nous permettra d’avancer dans ce dossier.

La crise anglophone a pris une nouvelle tournure avec la répression qui a suivi les manifestations populaires du 22 septembre et du 1er octobre dernier dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, ainsi qu’avec l’assassinat des gendarmes, policiers et militaires. Quelle réflexion vous suggère l’enlisement de cette crise ?

Les derniers événements qui viennent de se produire dans ces deux régions montrent que la situation est suffisamment grave. La mort des civils, des militaires, policiers et gendarmes montre que la crise est loin d’être résolue, qu’elle s’enlise au fur et à mesure que les jours passent. Nous avons l’impression que les gens s’organisent en guérilla pour agir. C’est une situation à laquelle personne ne doit rester indifférent. Chaque Camerounais doit vraiment s’inquiéter face à la dégradation de la situation. A mon avis, il est temps de faire quelque chose, il est temps de convoquer une assise nationale à laquelle prendront part toutes les forces vives de la nation, afin de trouver une solution à ce problème. On ne peut plus continuer dans cette radicalisation que l’on observe de part et d’autre.

L’Eglise catholique a-t-elle été sollicitée pour un éventuel dialogue national sur cette question ?

A ma connaissance, l’Eglise catholique qui est au Cameroun n’a pas encore été sollicitée pour une quelconque médiation. Cependant, au niveau de la Conférence épiscopale, au nom de notre foi, et au nom de l’amour que nous avons pour notre pays, nous avons pris l’initiative de demander à nos fidèles de prier pour la paix au Cameroun, nous avons organisé des neuvaines de prière sur toute l’étendue de notre pays. Nous avons élevé notre voix pour inviter toutes les parties à un dialogue sincère en vue de la résolution de cette crise. Nous avons demandé que ce dialogue soit un forum d’échanges sincères au cours duquel chaque acteur devra s’exprimer. Nous ne baissons pas les bras, nous continuons de prier comme nous l’avions fait en avril 2017.

Rappelez-vous qu’après le Message publié à l’issue de la 42 ème Assemblée plénière en avril 2017, nous avons, dans le cadre strict de l’Eglise, pris notre bâton de pèlerin et nous nous sommes rendus dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. A cette occasion, nous avons échangé avec les populations de toutes les couches sociales, nous les avons écoutés et leur avons donné des conseils. Nous leur avons demandé de renoncer à toute forme de violence et de privilégier le dialogue. Il y a de cela un mois, j’ai encore fait le tour de ces régions, notamment à Mamfe, Kumba, Kumbo et Bamenda. Pendant ce périple, j’ai parlé avec les évêques et les chrétiens, au sujet des voies et moyens susceptibles de mettre fin à la crise actuelle. Notre arme, en tant qu’Eglise, c’est la prière, et nous croyons qu’avec la prière et le dialogue, la paix reviendra dans les régions anglophones.

Le gouvernement ne semble pas disposé à discuter avec les sécessionnistes. Un dialogue inclusif peut-il exclure cette composante qui est très écoutée par les populations ?

J’ai observé en effet que les populations sont très réceptives aux discours des sécessionnistes. Cela semble dire que selon elles, ce sont les sécessionnistes qui apporteront des solutions aux problèmes socioéconomiques qui sont les leurs. Telle que la situation se présente, l’on ne devrait pas les exclure si jamais un dialogue national est organisé dans ce cadre. Dans le souci de trouver une solution durable à cette crise, l’Etat devrait tendre la main à tous ses fils, à tous les acteurs, pour une sortie de crise qui soulagerait tout le monde.

Etes-vous pour ou contre le débat sur la forme de l’Etat ?

Dans le cadre d’un dialogue dont l’objectif est de trouver des solutions aux problèmes qui se posent dans notre pays à l’heure actuelle, toutes les questions doivent être abordées, y compris la forme de l’Etat. C’est dans ce cadre que les acteurs pourraient prendre de vraies décisions sur la forme de l’Etat qui convient à notre pays à l’heure actuelle. La forme d’un Etat est un processus dynamique qui peut subir des modifications en fonction de l’évolution et de la gouvernance. La forme actuelle des Etats africains est un sujet à débat. Ces différentes formes héritées de la colonisation répondent-elles vraiment aux exigences de développement des pays africains ? 
Ce qui est plus important est que nos dirigeants amorcent une profonde réflexion sur la meilleure manière de gouverner et de gérer le pays, en examinant, dans l’intérêt supérieur de la nation, la forme de l’Etat qui nous convient à l’heure actuelle. Un dialogue comme je l’ai dit plus haut, doit être ouvert à toutes les suggestions, et les meilleures peuvent alors être retenues pour le bien de notre pays, c’est cela le consensus. Si tel n’est pas le cas, cela ne fera pas avancer le dialogue. La vraie voie qui s’impose est celle de la démocratie.

Pensez-vous que la décentralisation effective soit encore une solution à la crise anglophone ?

Nous savons que la décentralisation est institutionnalisée au Cameroun par la constitution du 18 Janvier 1996. Elle consiste en la cession progressive par l'État aux collectivités territoriales décentralisées de compétences non exclusives accompagnées de ressources humaines, techniques, matérielles et financières adéquates. Voilà ce qui est dit sur le papier. En ce qui me concerne, je pense que la décentralisation peut beaucoup apporter à notre pays. C’est la crise dite anglophone qui nous a permis de mesurer combien la décentralisation peut contribuer à la paix et au développement de notre pays. Si le processus de la décentralisation était suffisamment implémenté, les revendications ne seraient peut-être pas celles que nous connaissons aujourd’hui. La décentralisation vise l’autonomie des régions avec la mise en place des conseils régionaux chargés de promouvoir le développement économique. La pauvreté touche presque toutes les régions du Cameroun.

Si la décentralisation peut permettre aux régions d’être les acteurs de leur propre développement, pourquoi donc ne pas la mettre en place ? Il ne s’agit pas seulement de résoudre le problème anglophone, mais de toutes les régions de notre pays. Aujourd’hui, je pense que c’est la pauvreté et la misère qui révoltent les gens. Quand vous voyagez à travers le Cameroun, vous constatez que les gens sont de plus en plus pauvres. Parfois, ils souffrent de la famine parce que les activités économiques sont mal organisées. Malgré tout le potentiel que nous avons, comment faire en sorte que la richesse de notre pays, puisse profiter à un grand nombre ? Si dans la réalité, nous pouvons parvenir à un équilibre économique grâce à la décentralisation, je pense qu’il est temps que les pouvoirs publics s’y engagent et les résultats suivront si tout le monde se met au travail.

Que pouvez-vous dire à ceux qui brûlent les écoles, les églises ou qui empêchent les enfants d’aller à l’école ?

Incendier les églises et les écoles, est loin d’être la solution à la crise actuelle. La violence n’engendre que la violence et la misère. Si on se met à détruite ce qu’on a pris la peine de construire pendant des années, il faut bien se poser la question de savoir qui va reconstruire ? J’insiste sur le fait que tout repose d’abord sur le dialogue. Que ces gens qui brûlent les écoles et les églises sachent que les actes qu’ils posent n’apporteront aucune solution aux problèmes qui se posent. Je les invite au calme et à l’esprit de responsabilité. Ils ont la possibilité de s’exprimer d’une autre manière au lieu de détruire leur propre pays.

Ce qui est dramatique est que ces gens vont jusqu’à chasser les élèves dans leurs établissements scolaires. Ils ne doivent pas prendre les élèves en otage, ils ne doivent pas utiliser l’école comme un bouclier pour contraindre l’Etat à satisfaire leurs exigences. Les enfants ont déjà perdu une année scolaire et voici qu’une deuxième année consécutive est sur le point d’être perdue. Tout cela n’est pas normal, cela ne doit pas continuer ainsi, il faut laisser les enfants aller à l’école. En empêchant les enfants d’aller à l’école, c’est tout le Cameroun qui est blessé.

La guerre contre le groupe terroriste Boko Haram n’est pas terminée. Les attentats-kamikazes continuent de faire des morts parmi les populations. Avez- vous un message pour les forces défense et de sécurité et pour les populations ?

Même si la fréquence des attaques a diminué, la situation reste encore très précaire. Il convient de souligner que cette secte a détruit complètement le tissu économique de toute la région du Nord Cameroun. Les échanges économiques avec le Nigeria ont été réduits à néant. Cette situation a appauvri considérablement les populations qui misaient sur les échanges commerciaux avec le Nigeria pour vivre. Vous savez, au grand nord du Cameroun, il n’y presque pas d’industries. Les populations vivent de l’agriculture et de l’élevage. Quand ces gens ne peuvent plus vendre leurs marchandises au Nigeria comme ils le faisaient jadis, la vie devient très difficile pour eux.

Nous sommes solidaires de tous nos frères qui souffrent de cette guerre contre Boko Haram. C’est pourquoi je prie pour nos forces de défense et de sécurité qui se sacrifient pour que nos populations vivent dans la paix et mènent sereinement leurs activités de développement. Je prie pour les populations déplacées le long de la frontière. Je prie pour que cette guerre que nous impose Boko Haram prenne fin. La violence n’apporte absolument rien, on ne gagne rien avec la violence. Malheureusement en Afrique, chacun veut se faire entendre par la force, chacun veut imposer son point de vue par la force. C’est exactement ce que tente de faire Boko Haram. C’est une option sans issue. Que le Seigneur écoute notre prière et aide la région du Grand Nord à retrouver la paix, elle aussi.

Que pensez-vous du retour des anciens terroristes d’origine camerounaise ? Doit-on les accueillir ou les remettre à la justice pour les crimes qu’ils ont commis ?

Je pense que nous devons les accueillir. Il faut regarder le problème en profondeur pour connaître les raisons de leur enrôlement dans les rangs de Boko Haram. Quelque part est-ce que ce n’est pas notre société qui est à l’origine de leur égarement ? Est-ce que ce n’est pas notre société qui les a poussés à prendre cette option suicidaire ? Ces jeunes, je suis certain qu’ils ont été poussés par la pauvreté et ont prêté une oreille attentive aux propositions fallacieuses qui leur ont été faites. Maintenant qu’ils réalisent qu’ils se sont trompés de chemin, s’ils reviennent, nous devons les accueillir, les encadrer et les accompagner spirituellement et moralement pour leur réintégration dans la société. S’ils sont revenus, c’est qu’ils ont compris quelque chose.

Au regard de ce qui vient de se passer au Zimbabwe, la longévité au pouvoir constitue-t-elle un problème à l’alternance politique en Afrique ?

Quand une personne reste trop longtemps au pouvoir, à un moment donné, le pays ne pourra plus avancer. Cela a été vérifié dans tous les pays où des chefs d’Etat se sont éternisés au pouvoir. Chaque pays devrait se donner la forme de gouvernance la plus convenable sur le plan démocratique. En regardant ce qui se passe dans les pays de tradition démocratique, l’accession à la magistrature suprême est bien organisée, et le nombre de mandats bien précisé. C’est cela qui a permis le développement de tous ces pays.

Nous aussi, nous devons nous engager dans cette voie, dans le respect du jeu démocratique, dans le respect de la constitution, le respect de l’alternance politique. C’est pour moi l’occasion de saluer la grande maturité de l’armée zimbabwéenne. Sans aucun coup de canon, ni même un seul mort, ils ont su organiser la transition dans le respect des institutions, en demandant à Robert Mugabe dont l’âge était très avancé de se retirer du pouvoir. Tout cela s’est passé de manière pacifique. Je salue une fois encore la maturité de l’armée zimbabwéenne.

Que faut-il faire pour éviter la longévité au pouvoir en Afrique ?

Il faut deux choses essentielles : le respect de la constitution et le respect de la démocratie. Celui qui accède au pouvoir doit savoir qu’il vient servir le pays pendant un certain temps. Et lorsqu’il a déjà servi pendant le temps prévu par la constitution, il doit se retirer pour donner la place à quelqu’un d’autre. La sous-région d’Afrique centrale reste un mauvais exemple en la matière. Regardez ce qui se passe. Lorsqu’un chef d’Etat sait que la constitution ne lui permet plus de se représenter, il modifie automatiquement la constitution pour s’éterniser au pouvoir. A ce niveau, il ne s’agit plus de la démocratie lorsqu’on confisque le pouvoir contre la volonté du peuple. Un dirigeant devrait avoir de l’amour pour son pays, et quitter le pouvoir lorsque la constitution ne lui permet plus d’être là. La nature est ainsi faite, personne n’est éternel. On doit avoir l’humilité de se retirer au terme du mandat confié par le peuple. Voilà ce qu’un dirigeant qui aime son pays devrait faire.

Des motions de soutien demandent au Président Paul Biya de se représenter à l’élection présidentielle de 2018. Y a-t-il de la sincérité dans lesdites motions ?

Dans un premier temps, les auteurs de ces motions sont sincères parce qu’en réalité, ils cherchent à protéger leurs intérêts personnels, ils ne veulent pas perdre leurs privilèges. D’autre part, s’ils réfléchissent à l’avenir du Cameroun, ils hésiteraient avant de faire de telles proclamations. Je suis convaincu que ces gens connaissent parfaitement les vrais problèmes actuels du Cameroun, et à ce niveau, ils ne sont pas sincères. Ils jouent à un jeu dont ils connaissent la finalité. Pour tout dire, ces gens n’aiment pas le Cameroun.

Auriez-vous un conseil à donner au Président Paul Biya par rapport à la prochaine élection présidentielle ?

Pour ma part, si réellement le Président Paul Biya aime ce pays, il penserait plutôt à une transition pacifique en passant le pouvoir à une autre personne soit au sein de son parti le Rdpc, soit au sein d’un parti de l’opposition. Je suis convaincu que s’il y a des élections libres et démocratiques au Cameroun, la vérité sera surprenante. J’insiste en disant que si le Président Paul Biya aime ce pays, il devrait plutôt se retirer que de prêter une oreille attentive à ceux qui lui demandent de se représenter. Il y a un temps pour tout. Je souhaite qu’il soit mis en place un conseil de sages, un conseil composé de personnes qui aiment ce pays, pour pouvoir trouver des solutions à tous ces problèmes qui se posent aujourd’hui.

Je vous donne l’exemple de l’élection du Pape dans l’Eglise Catholique. Avant l’élection proprement dite, les Cardinaux et les experts se rencontrent pour examiner les problèmes de l’Eglise. C’est à partir de leurs réflexions qu’ils dressent le profil de celui qui est capable de mieux les porter selon les défis auxquels l’Eglise est confrontée. Il faut donc la mise en place d’un groupe de sages pour examiner les défis actuels du Cameroun. On ne peut pas éternellement compter sur l’armée pour maintenir l’ordre et la paix dans un pays. Un jour, tout le monde sera fatigué, et cela ne fonctionnera plus.

Des migrants de l'Afrique subsaharienne sont vendus aux enchères en Libye. Comment l'Eglise réagit-elle devant une telle situation?

Je condamne de tels actes qui n’honorent pas l’Afrique. J’ai eu à visiter l’île de Gorée au Sénégal, et j’ai pu me faire une idée des souffrances endurées par le peuple noir. C’est très déplorable que ce soient les Africains eux-mêmes qui soient les acteurs de ce commerce honteux. C’est une honte non seulement pour ceux qui traitent leurs frères de cette manière, mais aussi pour les pays d’où sont issus ces jeunes africains. Pourquoi les Africains quittent-ils leurs pays pour ce genre d’aventure ? La réponse est à trouver dans la gouvernance de nos pays. Notre indépendance économique est confisquée, la gestion de nos pays est calamiteuse, etc.

Conséquence, les jeunes n’ont pas d’emplois, ils vivent dans la pauvreté, et sont obligés de partir parce qu’ils estiment qu’ailleurs se trouvent de meilleures conditions de vie et d’épanouissement. Regardez dans les rues de Douala, beaucoup de jeunes chômeurs sont obligés de conduire la moto pour survivre. C’est l’échec de la gouvernance dans nos différents pays. Partout où je vais en Afrique, les pays sont confrontés au manque d’eau et d’électricité, parce que la gouvernance est mauvaise. Rien n’est fait pour résoudre les problèmes les plus élémentaires. Voilà pourquoi nos jeunes risquent leur vie pour fuir la misère.

Vous avez connu l'évêque auxiliaire émérite de Bafoussam Mgr Gabriel Simo qui est décédé le vendredi 24 novembre 2017. Quel souvenir gardez-vous de lui?

Je l’ai connu au Grand Séminaire de Nkolbisson à Yaoundé où il était mon professeur de liturgie. Je suis resté très proche de lui durant de longues années. Je garde de lui le souvenir d’un homme affable, ouvert, attentif à tous. C’était un apôtre de la paix partout où il a servi. Dans sa maladie, il a su mettre son espérance en le Seigneur. Je rends grâce à Dieu pour sa vocation, car ce qui compte pour un pasteur, c’est la manière dont il a répondu à l’appel du Seigneur.

Entretien mené par Edmond Kamguia K.

Source: La Nouvelle Expression N°4618 du mardi 05 décembre 2017