Cameroun : Anglophone way of life

par NYËBË-EDOA
Les débuts de la crise anglophone ne présageaient nullement les exécutions sporadiques d’Anglophones qui tendent vers un génocide. | © Photo archives

Ce qui rendait le Régime du « Renouveau » fier et assez digeste dans le monde depuis ces trois dernières décennies, reposait sans nul doute sur son mythe de la paix.

Une « paix » factice qui portait les germes de sa propre déchéance. À présent la psychose liée à son émiettement, est l’alibi de macabres calculs politiques des oligarques vendeurs d’illusions.

La paix n’est pas l’absence de guerre. J’aime à le dire : la paix est la prompte résolution de petits conflits, qu’on peut aussi appeler « malentendus ». L’Histoire n’est-elle pas très éloquente quant aux « malentendus » qui ont abouti aux pires tragédies que l’humanité ait connues ? Partant de l’Inquisition, en passant par les deux guerres mondiales, voire le génocide rwandais, sans oublier le Printemps Arabe etc., jusqu’à la crise anglophone au Cameroun ; tout cela a commencé par des malentendus. Qui peut traverser à pied une rivière, au plus fort de sa crue ?

Les débuts de la crise anglophone ne présageaient nullement les exécutions sporadiques d’Anglophones qui tendent vers un génocide. N’eurent été les téléphones portables et l’Internet, ces morts gratuites, seraient passées incognito, comme celles des milliers de Bamiléké et de Bassa, tués au napalm durant les heures sombres du Maquis, par l’État français et le Régime camerounais d’alors. C’est sidérante la violence avec laquelle, des Régimes totalitaires des États néocoloniaux francophones, jaloux de leur pouvoir sanguinaire, répriment de simples manifestations PACIFIQUES, pourtant garanties par leurs Constitutions. Ne peut-on pas faire la Politique en Afrique, sans avoir les mains maculées de sang ? Ces politicards au crépuscule de leur vie, ont tous un point commun : ils sont subitement ambitieux et ingénieux qu’ils ne l’étaient dans leur jeunesse. La virilité sur tous les plans, diminue avec l’âge. C’est une loi immuable de la nature !

Quel mal avaient fait des Avocats, des Enseignants et surtout des Étudiants Anglophones pour être humiliés, arrêtés et torturés ? A posteriori, le Cameroun est une Démocratie de façade. Hypocritement aujourd’hui, maints Francophones sont étonnés de leur radicalisation. Comme si un soldat tué en représailles, valait plus que des centaines de civils Anglophones exécutés. Pour votre gouverne, aucune vie humaine n’est au-dessus d’une autre et n’oublions pas si vite l’origine de cette « guerre » ou sa causalité. Sachez que toutes les minorités ont ceci en commun : soit elles se laissent subjuguer par la majorité, soit elles résistent. Les Anglophones (moins de 20%), ont peut-être malgré eux choisi de résister au totalitarisme, à la concussion, à la mal-gouvernance des francophones (plus de 80%), promus par le Régime Biya : c’est tout à leur honneur et je leur sais gré. Car « ANGLOPHONE WAY OF LIFE !!! »

Que feriez-vous si, les Forces de « l’ordre » en violation délibérée du droit constitutionnel, vous frappaient en vous trainant dans d’immondes bourbiers pour le seul fait d’avoir pacifiquement manifesté ? Que feriez-vous si vous appreniez que messieurs les « représentants de la loi » ont à plusieurs, profané le corps de votre innocente jeune fille, et celui de votre épouse légitime ? Que feriez-vous si dans votre village, des intrus exécutaient sommairement vos enfants et vos vieillards et emportaient leurs dépouilles pour faire disparaître les preuves ; enlevaient vos maris et les emprisonnaient arbitrairement ? Que feriez-vous si vos biens étaient pillés et vos maisons brûlées par ceux-là mêmes censés assurer votre sécurité et celle de vos biens ? Que feriez-vous si vous étiez traités comme des bêtes de somme et mis au rang des terroristes ? Face à cet État criminel, la riposte séparatiste a un nom : LÉGITIME DÉFENSE !

Tous ces crimes de guerre, vos FAP les commettent, sous la bannière de l’impunité ; vous le savez. J’en appelle à votre humanité : la désobéissance civile sans délai, est l’ultime recours des vrais patriotes, pour sauver les meubles. Une armée qui se livre à des actes de cruauté, quelle que soit la cause qu’elle défend, mérite le mépris et la désapprobation de tous. Comment parvenez-vous à corrompre votre propre conscience ? Comment parvenez-vous à appeler le mal bien ? Comment restez-vous imperturbable dans votre confort, quand une partie de notre peuple se meurt devant vos yeux ? Aux premières heures de leurs revendications, la vision anglophone n’était pas le séparatisme qu’on leur impute aujourd’hui. Il est devenu une tactique nécessaire, que lorsque Biya a injustement et maladroitement déclenché les hostilités contre eux.

La violence inouïe employée jusque-là à l’égard des Anglophones au Sud-Ouest et au Nord-Ouest, afin de parer aux sécessionnistes et sauvegarder l’hypothétique « paix » d’un clan oligarque, n’a fait qu’exacerber chez eux, les sentiments revanchards latents, liés à leur exclusion sociale, en plus de la francophonisation de l’Administration Biya. Son « erreur » est grossière et indéniable, mais le Gouvernement Biya refuse le DIALOGUE pour une seule raison : il aura honte de perdre la face, en cette année électorale qui scellera le destin du Cameroun.

Et puisqu’il a d’emblée perdu les élections dans la zone anglophone, autant entretenir la terreur pour ne pas les organiser finalement dans cette partie du pays, prétextant son instabilité. Quelle infamie ! La bêtise insiste, persiste et résiste... Bêtise parce que, aux moyens d’armes et d’autres appareils répressifs, un Gouvernement peut à un moment, instaurer la peur et une certaine soumission, jamais la PAX VERITAS (paix véritable) tant chérie.

Avis donc à vous Francophones, qui dessinez les plans d’une imminente guerre civile en zone anglophone, plutôt que de faire amende honorable pour la désamorcer ! Avis aux plus « hauts gradés » et aux plus jeunes « éléments » qui prennent part aux tueries, viols et pillages d’Anglophones. Avis à ceux qui donnent les ordres depuis leurs forteresses à Yaoundé, à ceux qui les exécutent dans les différents théâtres d’opérations ! Retenez tous ceci : au lendemain du chassement de l’élite du Renouveau et sa progéniture, (ce qui arrivera tôt ou tard) vous ses thuriféraires et naviculaires, risquez tous d’être pendus haut et court jusqu’à ce que mort s’en suive. Exactement comme l’ont été les bêtes du Nazisme. L’Histoire se répète toujours !

Travestissez la réalité et pendant que vous y êtes, lavez vos crimes à l’eau bénite : mais chacun rendra personnellement compte de ses actes. Et l’Histoire n’absoudra aucun d’entre vous, de ses crimes commis en zone anglophone, pour maintenir un moribond Suisse au pouvoir.

Nul besoin d’être un stratège militaire, pour voir que, les FAP ne l’emporteront pas sur le peuple Anglophone, jusqu’auboutiste qu’il est. Tant mieux ! Fidel Castro et Che Guevara n’étaient non plus des stratèges militaires ou des spécialistes de guerre, mais ils ont humilié chez eux à Cuba, la toute puissante armée américaine, car le vrai Peuple les soutenait. La zone anglophone sera donc pour vous, une nouvelle « Baie-des-cochons ».

Fort de ce constat, (certes comparaison n’est pas raison), mais fort surtout de la clameur sans cesse grandissante des Camerounais de tous horizons, je parie que les seigneurs de guerre de Mvomeka’a, vont lamentablement échouer sur les fronts Nord-Ouest et Sud-Ouest, s’ils ne cessent pas leurs méfaits, pour entreprendre ces trois chantiers. Premièrement, les réformes constitutionnelles qui limiteront le mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une fois ; instaureront les élections à deux tours ; institueront le fédéralisme comme la nouvelle forme de l’État ; circonscriront le Pouvoir Exécutif en bannissant sa primauté sur le Judiciaire et le Législatif ; feront de l’anglais la seule langue officielle...

Deuxièmement, les médiations sociale et interculturelle, qui offriront une place de choix aux femmes, aux faibles et aux minorités licites, gage de réconciliation nationale. Troisièmement, la reconstitution du capital social qui fera de la pluralité culturelle, sa figure de proue, pénalisant de facto le tribalisme, le népotisme...

Voilà à mon avis, des préalables d’un futur Cameroun moderne, puissant et prospère.

Sinon, préparons-nous au paroxysme de cette « sale guerre » qui pourrait se généraliser, et se poursuivre désormais à armes égales, et non plus à couteau contre kalachnikov, comme c’est encore le cas.

NYËBË-EDOA