Une longue tradition française de soutien aux dictatures et régimes génocidaires en Afrique

par Boris Berthold
Mais, la France de Macron au Cameroun joue au rattrapage. En envoyant son secrétaire d’Etat dont les images rappellent les visites des administrateurs coloniaux blancs dans les villages, Macron tente de reprendre la main sur un dossier où américains et britanniques avancent leurs cartes. | © Photo archives

Quoi de plus normal que de voir un émissaire du président français Emmanuel Macron, circuler en zone de guerre sous haute escorte militaire pour affirmer un soutien en Afrique à un roi fainéant, paresseux, boulimique, pervers narcissique accusé de genocide.

L’histoire de cette France en Afrique c’est d’abord une histoire violente mais un accompagnement sans faille des dictateurs les plus sanguinaires, brutaux, barbares et violents. Emmanuel Macron, jeune de nom, mais monarque dans la tête ne dérogera pas à cette règle.

Les valeurs de cette France ( liberté, égalité et fraternité) depuis 1789 ne se sont jamais appliquées aux noirs. D’ailleurs ses dignes ressortissants firent les principaux théoriciens de l’infériorité génétique des noirs.

- La France n’a t’elle pas soutenu diplomatiquement et militairement le régime Habyarimana face au genocide des Tutsi aux Rwanda. Ils doivent aujourd’hui ramer derrière Kagame qui pose actuellement les bases d’une Afrique qui pense par elle-même.

- En pleine révolution tunisienne, au moment où la jeunesse tunisienne manifestait son aspiration à plus de justice sociale, plus de démocratie, de liberté, le régime de Sarkozy tenait à faire acheminer en Tunisie policiers et matériel pour réprimer les manifestations et soutenir un satrape sanguinaire, Ben Ali dont les pulsions boulimiques et extravagantes de sa femme Leila Ben Ali n’ont rien à envier à Chantal Biya.

- Les régimes de Blaise Compaore, assassin de Thomas Sankara, Mobutu Sesseko, celui qui a exécuté Patrice Lumba, Hissene Habre, François Bozize, hébergé à Yaoundé dans sa fuite, ont tous bénéficié du soutien de Paris dans la réalisation de leurs crimes.

- Cette France prétendument “terres des libertés “ a orchestré les massacres en pays Bassa’a au Cameroun entre 1955 et 1958, puis en pays Bamileke de 1960 et 1970. Avec un seul but maintenir Ahmadou Ahidjo au pouvoir pour par la suite installer son successeur Paul Biya.

- Depuis 50 ans, la famille Bongo trône sur un pays riche en pétrole mais dont le revenu par habitant est moins d’un dollar. Dans une enquête, les journalistes français révélaient que le baccalauréat de Ali Bongo, l’actuel président a été obtenu grâce à un coup de fil de son père Omar qui a traîné pendant 40 ans à la tête d’un pays en entretenant un train de vie luxueux au détriment de son peuple.

Pour Paris l’Afrique francophone n’est rien d’autre que ce continent peuplé de sauvages évolués dont la mission civilisatrice n’est pas parvenu à faire entrer dans la communauté nationale. Ce réservoir de matières premières pouvant permettre à Areva d’illuminer la Tour Eiffel et les rues de Paris. Cette France là a deconolisé sans s’auto- décoloniser.

Mais, la France de Macron au Cameroun joue au rattrapage. En envoyant son secrétaire d’Etat dont les images rappellent les visites des administrateurs coloniaux blancs dans les villages, Macron tente de reprendre la main sur un dossier où américains et britanniques avancent leurs cartes.

La démocratie, la liberté, la justice sociale, l’égalité qui ont amené les français à exécuter leur roi pendant la révolution ne sont pas pour les noirs. Maintenir ces sauvages dans leur animalité la plus profonde, les laisser s’entretuer au nom de “ la diversité dans l’unité “ permet à la France en Marche de Macron de maquiller son incapacité à transformer cette FranceAfrique.

D’ailleurs n’a t’il pas aimé les acceuils à Bamako et Dakar dignes de la tournée du général de Gaule en Afrique pour sauver la France pendant la deuxième guerre mondiale. Les monarques s’aiment entre eux. Biya en est un. Pourquoi le détester.

Cependant ce que Paris a oublié c’est la longue histoire à la fois de violence et de résistance du peuple camerounais. Si elle s’amuse le Cameroun sera le Waterloo de la France en Afrique francophone.

BORIS BERTOLT