Paul Biya, la fin c’est pour bientôt part en paix s’il te plaît

par Boris Berthold
Paul Biya il est encore temps de partir. Le pouvoir absolu corrompt absolument. Un dirigeant élu ne peut être élu indéfiniment. | © Photo archives

L’annonce d’une nouvelle candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle du 7 octobre prochain a suscité une vague d’indignation à l’échelle continentale.

De Ouagadougou à Harare passant par Abidjan, Dakar et Addis-Abeba, les africains ont crié leurs colères contre un homme qui d’après eux n’aime pas son pays. N’aiment pas les camerounais.

Un homme qu’ils qualifient de méchant à qui un pays a tout donné mais dont il est prêt à mettre en feu pour ses intérêts égoïstes et sa boulimie du pouvoir.

A officiellement 86 ans dont 36 ans comme président de la République, et plus de 50 ans d’administration centrale celui que la presse internationale qualifie déjà de “ suisse qui dirige son pays dans les hôtels et y va en séjour “ agace fortement la communauté internationale. Surtout qu’il est à la tête de l’un des pays les plus importants d’un point de vue géostratégique mais également sécuritaire, politique.

Biya doit partir. Tel est le message que les africains adressent aux Camerounais. Et c’est à nous de prendre notre destin en main. L’Afrique nous regarde.

Oui c’est l’Afrique qui nous parle. Car ce n’est pas parce que nous sommes gouvernés par le plus vieux dictateur du continent. L’Afrique elle avance. Usine de fabrication de voitures au Rwanda. Métro ouvert au Nigeria. Ouattara arrivé au pouvoir par les armes annoncent que Bédié et lui se retirent de la politique à un an d’une élection présidentielle.

Au Cameroun, un homme à la lisière de la mort. Incapable de saisir sur un écran d’ordinateur. Qui ne peut plus tenir debout deux heures. Un homme qui dort plus qu’il ne gouverne dont la vieillesse torture est prêt à laisser un pays dans la guerre civile juste pour jouir des privilèges de l’État en compagnie d’une clique de laudateurs véreux qui vont le renier alors que le coq n’aura pas chanté trois fois.

Un an avant la chute de Mobutu, avant la prise de Kisangani, la capitale économique, ses alliés français et américains demandent alors au tout puissant maréchal de négocier avec Kabila pour éventuellement une feuille de route de sortie.

A l’écoute de ses généraux et conseillers qui lui diront qu’ils peuvent vaincre la rébellion, Mobutu refuse et se lance même dans le recrutement des mercenaires.

Comme Biya qui envoie Sadi chercher de l’aide chez Idriss Deby ou le président de l’ordre de Malte invité à Yaoundé, Mobutu a multiplié ses stratégies pour mourir au pouvoir.

Devant Mandela, Mobutu avait refusé de partir en paix. Un accord où sa femme devait être protégée ainsi que ses enfants était préparé. Dans cet accord ses biens et sa fortune ne devaient souffrir d’aucune réclamation. Mobutu refusa.

Comme Biya, alors qu’il était souffrant d’un cancer, il était prêt à faire couler le sang des civils malgré qu’il avait passé plus de 30 ans au pouvoir. La suite vous la connaissez. L’imbécile fut chassé comme un malpropre et enterré comme un vulgaire petit parrain de la mafia.

Paul Biya il est encore temps de partir. Le pouvoir absolu corrompt absolument. Un dirigeant élu ne peut être élu indéfiniment. A défaut tôt ou tard ce sera la guerre civile pour le chasser. Et il partira. Aucun dictateur n’a résisté longtemps à un peuple qui a pris les armes contre son gouvernement.

Boris Bertolt