Cameroun : 50 figures historiques de l’indépendance célébrées

figures.jpgAi-Cameroun - La « Galerie KEUKO » fête à sa manière le cinquantenaire de l’indépendance du Cameroun, à travers une exposition intitulée «50 visages autour de l’indépendance du Cameroun ». Il s’agit de peintures de visages emblématiques de l’histoire de la libération de ce pays.

Les peintures qui jonchent les murs de la « Galerie KEUKO » à Akwa (Douala, la capitale économique) depuis une semaine et ce, jusqu’au 04 Juin prochain, ne sont autres que celles des héros nationaux camerounais. Elles ont été réalisées de main de maître, à partir de photographies, par quelques peintres Camerounais.

On peut ainsi voir les murs de la galerie tapissés de visages pour la plupart inconnus de la jeunesse camerounaise, tels que : Ernest Ouandié, Félix Moumié, Alexandre Douala Manga Bell, André Marie Mbida. Les fonctionnaires coloniaux de l’époque, Louis Paul Aujoulat, Jean Ramadier et Pierre Mesmer ne sont pas en reste.

En première place trône, le portrait du premier président de la République du Cameroun indépendant, Ahmadou Ahidjo. Et au milieu de tous ces visages masculins, celui d’une femme, Julienne Keutcha. Pour ne citez que ceux là.

Ces peintures poussent plus d’un visiteur, qui ne connaît pas l’histoire de ce pays, à se poser la question de savoir qui étaient véritablement tous ces gens et en quoi sont-ils liés à l’indépendance de ce pays ? Et Peut-être est-ce là l’intérêt même de cette exposition : faire connaitre au monde l’histoire de l’indépendance du Cameroun en réconciliant les Camerounais avec leur histoire.

L’auteur de cette exposition met à dessein côte à côte les figures qui ont œuvré pour l’indépendance du Cameroun et celles qui, au détour de l’histoire, l’on combattue. L’apparente contradiction, qui mêle les héros véritables de la lutte pour l’indépendance aux complices de la colonisation s’estompe, dès lors que le maître des lieux explique : «il ne s’agit pas pour nous de juger, mais de remettre chacun dans son rôle, afin que notre histoire ne soit plus falsifiée». A la question de savoir pourquoi l’exposition ne couvre que la période allant de 1950 à 1970, Richard Keuko répond simplement : « ce sont les 20 années décisives de l’indépendance du Cameroun ».

L’on se pose pourtant d’autres questions sur cette limitation à 50 visages. «Où sont passés tous les autres héros dont les noms défilent dans nos têtes à l’instar de Martin Paul Samba, Maniben Yi Tombi qui se sont farouchement opposé à la pénétration allemande?», s’interrogent des observateurs. «Pourtant, tous ces héros de la première heure méritent bien leur place dans cette initiative heureuse. Et beaucoup d’autres encore semblent avoir été oubliés. Mais c’est connu, il s’agit d’une période choisie à dessein. Celle de l’indépendance du Cameroun sous tutelle française. Y aura-t-il un jour une autre exposition pour ces héros là ?», poursuivent-ils.

Mais ces regrets n’enlèvent rien au plus grand mérite de cette galerie: permettre de retenir facilement ces noms auxquels sont maintenant accolés des visages. Voilà l’héritage camerounais que Richard Keuko voudrait laisser aux jeunesses du monde.

Sophie Dikobè, Ai Douala