Cameroun : «Le cacao peut nourrir son homme»

mbita.jpgAi-Cameroun - Le conseiller de la confédération des « Gics » des producteurs de cacao de Bityili Raymond Mbita est optimiste sur l’avenir de la « cacaoculture ».

Combien de tonnes de cacao produisez-vous ?

En tant que confédération nouvellement crée, pour le moment notre production annuelle varie entre 25 et 30 tonnes. Avec notre verger actuel qui s’étend sur environ 200 hectares, nous nous projetons sur une production de 200 à 300 tonnes dans moins de deux ans.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans la production ?

Etant donné que nous sommes une confédération paysanne, les difficultés sont surtout d’ordre psychologique. Les paysans ne sont toujours pas réceptifs par rapport aux nouvelles techniques culturales et n’acceptent pas facilement les plants nouvellement mis à leur disposition. Avec la pauvreté ambiante, l’entretien d’un verger comme le nôtre nécessite d’importants moyens.

Parlez-nous de vos réussites ?

Il y a déjà la création d’une certaine dynamique. Les gens qui adhèrent à la confédération sont désormais animés d’un esprit de synergie et développent le travail en équipe. Nous avons en outre pu établir une collaboration appréciable avec la société de développement de cacao et les cadres du ministère de l’agriculture.

Quels sont vos espoirs et perspectives par rapport à la filière ?

De l’optimisme, d’autant plus que dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et le chômage, la «cacaoculture» apparaît comme une des réponses par rapport aux préoccupations du monde rural. La filière cacao avec le potentiel du sud Cameroun, peut apporter des réponses fortes. Le cacao peut nourrir son homme et les indicateurs actuels le prouvent. A titre d’illustration, 2 hectares de cacao correspondent à une revenue annuelle de 3.000.000 FCFA, ce qui est largement à la portée de la jeunesse. Dont les jeunes n’ont aucun complexe à se faire par rapport à la culture du cacao. Je suis en fin de carrière dans la fonction publique et je peux dire aujourd’hui que si c’était à recommencer, j’opterais pour «la cacaoculture».

Vos sollicitations à l’endroit des pouvoirs publics pour améliorer votre production !

La «cacaoculture» implique des besoins assez lourds. Voies d’accès aux plantations, évacuation de la production. D’où le besoin d’un appui en logistique et d’un minimum de mécanisation. Nous pouvons également solliciter un soutien financier et l’accroissement du soutien technique.

Paroles aux acteurs …

okomene.jpgBenjamin Okomene, planteur à Bityili

Plus de moyens financiers pour continuer à créer de nouvelles exploitations cacaoyères au-delà de huit hectares dont je dispose actuellement.

 

 

ndjoumou.jpgEmile Ndjoumou, planteur à Bityili

Un financement pour l’extension des plantations existantes. Cela nous permet également d’acquérir la main d’œuvre et des outils modernes.

 

 

Jean Ondoua, planteur à Bityili

Nous avons d’abord un grand besoin en produits phytosanitaires pour l’entretien de nos vergers. A cause de la distance, nous souhaitons que les plantations soient facilement accessibles.

Eric Mvaébeme, jeune planteur à Bityili

Pour accroître notre production de cacao de façon continue, c’est d’abord un appui technique des services spécialisés de l’Etat à l’instar du Ministère de l’agriculture et du développement rural. Ensuite un appui conséquent en plants de cacaoyer pour étendre nos exploitations.

Propos recueillis par Jessi, Ai Ebolowa