Cameroun: Le mega complexe touristique de Yoyo prend corps

Ai-Cameroun - Alors qu’on l’imaginait enterré dans les tiroirs administratifs, le projet du mega complexe économique et touristique de Yoyo II dans l’Arrondissement de Mouanko, Département de la Sanaga-Maritime (région du Littoral) refait surface pour prendre son envol.

Une réunion d’information et de sensibilisation des autorités administratives, traditionnelles et des forces vives dudit arrondissement a eu lieu le 2 Juillet dans la salle de conférences de la Sous-préfecture de Mouanko, présidée par le 1er Adjoint Préfectoral entouré pour la circonstance du Sous-préfet et du Maire de la localité ainsi que du Délégué Départemental des Domaines et des Affaires Foncières.

D’entrée de jeu, Monsieur Abah a précisé l’objet de la rencontre : informer et sensibiliser les populations et tous les responsables des administrations sur le début imminent des travaux de recensement des biens et des personnes installées sur le site retenu pour la réalisation de ce projet. « Nous sommes venus vous dire officiellement que les travaux vont commencer incessamment. Le gouvernement sait qu’il y a eu des mises en valeur. Un travail préalable doit être fait pour la constatation et l’évaluation des mises en valeur par une commission départementale mise sur pied depuis le mois d’Avril 2010. Les équipes techniques descendent sur le terrain dès lundi prochain » a-t-il fait savoir.

Entre-temps, il aura relevé le passage sur le site le 10 Février 2010 du Ministre des Domaines et des Affaires Foncières et la signature par ce dernier le 24 du même mois d’un arrêté de déclaration d’utilité publique d’une superficie de 10.087 hectares au lieu des 6.000 préalablement requis.

Ce relèvement de la superficie a suscité des réactions du conservateur de la réserve de faune et du coordinateur des activités de préservation de la nature qui, tous les deux ont voulu savoir si le projet tenait compte de la spécificité relative à la préservation de la biodiversité. Les préoccupations des populations à travers les questions des Majestés Etotokè Epounè et Moubanjè, des Docteurs Richard Dikanjo et Marcel Yondo et du délégué national de Ilimbè-Ilimbè Simon Dikanjo ont tourné autour de la survie des Malimba. Pour eux le projet doit tenir compte de l’avenir de ce peuple. « Va-t-on sacrifier les populations Malimba dans le but de préserver la propriété d’un dinosaure parce qu’il est membre du gouvernement ? » s’est interrogé le Docteur Dikanjo.

A toutes ces préoccupations Monsieur Abah a répondu secondé par le Sous-préfet et le Délégué Départemental des Affaires Foncières en disant que tout sera pris en compte le moment venu. Et pour éviter des erreurs à la commission, il a invité les populations à être présentes lors des différentes descentes sur le terrain, descentes qui constituent une étape primordiale avant les indemnisations envisageables car a-t-il précisé, « Il faut qu’à la fin des ces travaux, nous n’ayons pas des résultats biaisés parce que les revendications tardives risquent de ne pas être prises en compte ».

S’adressant à l’assistance le Sous-préfet de Mouanko Simon Edjibi Edjibi a invité les participants à s’informer à bonne source et à faire du marketing autour de ce projet qui profitera à l’ensemble des populations de l’arrondissement. « Le projet est un projet de l’Etat qui implique toutes les administrations. Ce que nous voulons dire, c’est tendre la main aux populations de Mouanko. J’ai l’impression que l’on ne fait pas beaucoup de publicité autour du projet et l’on y voit que du mauvais. Il faudrait que l’on fasse assez de marketing pour ce grand projet pour que les retombées de ce projet profitent à toutes les populations. Il faut que nous taisions nos querelles personnelles et nous pourrons gagner plus aux yeux de l’Etat et des ses partenaires ».

Ce projet qui rentre dans le cadre des grands projets structurants annoncés par le Président de la République dans son message à la Nation du 31 Décembre 2009, plus qu’un rêve ; commence petit à petit à devenir une réalité et c’est tant mieux pour la relance du tourisme Camerounais qui est encore au niveau des balbutiements et pour les populations qui verront ainsi le développement s’installer dans leur terroir quand on sait que la construction des ce mega complexe implique la réalisation d’un axe routier bitumé. Ne dit-on pas communément, lorsque la route passe le développement suit ? Pour l’instant, les populations sont invitées à réserver l’un des meilleurs accueils aux membres de la commission technique de constatation et d’évaluation.

Georges Ndenga, Ai Douala